De la mémoire ouvrière à la collection d'une cité

Story Tangible
Country
France
Storyteller
celine Felices- service patrimoine ville de Port de Bouc
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Overview

Une petite localité du sud de la France s'est construite à partir des luttes politiques et ouvrières tout au long du 19e et du 20e siècle. L'histoire de Port de Bouc, petite ville enclavée parmi les géantes industries, est riche des récits qui ont jalonné sa fondation et son évolution jusqu'à forger son identité présente. Imaginée par une population venue d'horizons lointains, cette cité de caractère est en perpétuelle mutation à l'image des cités ouvrières de toute l'Europe. A travers les traces tangibles de ce patrimoine, les collections patrimoniales locales soulignent la force des acteurs culturels qui ont oeuvré au sein d'un véritable combat idéologique, une bataille basée sur les prémices de l'éducation populaire à laquelle ils ont voué leur vie. Que ce soit la collection de plaques de verre figurant les fêtes populaires locales et le paysage en (r)évolution de 1900, ou plus récemment, le fonds de dessins techniques des chantiers navals illustrant la qualité d'exécution des ouvriers spécialisés locaux, ou même la collection artistique locale figurants l'identité ouvrière locale, ces trésors d'une ville illustrent avec force la vocation ouvrière de certains territoires européens au regard de l'art et son histoire.

Une petite localité du sud de la France s'est construite à partir des luttes politiques et ouvrières tout au long du 19e et du 20e siècle. L'histoire de Port de Bouc, petite ville enclavée parmi les géantes industries, est riche des récits qui ont jalonné sa fondation et son évolution jusqu'à forger son identité présente. Imaginée par une population venue d'horizons lointains, cette cité de caractère est en perpétuelle mutation à l'image des cités ouvrières de toute l'Europe. Les rues, les murs de pierre, rappellent que ceux qui y habitent, leur travail, leurs sagas familiales, leurs luttes, leurs victoires et leurs échecs ont déterminé collectivement la couleur d'un territoire, celui des ouvriers des chantiers navals, des ouvriers des usines de produits chimiques, ceux des exploitants des salins de Camargue et de la bourgeoisie industrielle de la fin du 19e et de la première moitié du 20e siècle. A travers les traces tangibles de ce patrimoine, les collections patrimoniales locales soulignent la force des acteurs culturels qui ont oeuvré au sein d'un véritable combat idéologique, une bataille basée sur les prémices de l'éducation populaire à laquelle ils ont voué leur vie. Que ce soit Léon Vidal, grands théoricien de la photographie, qui laisse une collection de plaques de verre absolument remarquables figurant les fêtes populaires locales, ou plus récemment, le fonds de dessins techniques des chantiers navals illustrant la qualité d'exécution des ouvriers spécialisés locaux, ou même la collection artistique locale tels que Jean Amblard, Raymond Fraggi ou plus récents tels que Nicolas Daubanes ou Pascal Navarro, fruit des donations et versements figurants l'identité ouvrière locale, ces trésors d'une ville illustrent avec force la vocation ouvrière de certains territoires au regard de l'art et son histoire.

European Dimension

La petite cité industrielle de l'étang de Berre, voisine du plus grand complexe industrialo-portuaire de France en Méditerranée, s'est arrogée durant plusieurs décennies le rôle de grand centre industriel et économique du sud de la France. Pour arriver à un tel résultat, le chemin fut parfois long et laborieux. Des hommes et des femmes, en perpétuelles luttes pour leur survie, venant de toute l'Europe et du maghreb, ont imprégné de leurs cultures ce petit territoire. De la mémoire des navires pleins de morues venus de Terre Neuve à la conservation des oeuvres témoignant de l'activisme ouvrier durant toute la deuxième moitié du 20e siècle jusqu'aux créations artistiques récentes, toute l'identité culturelle locale démontre avec acharnement l'identité des villes ouvrières de l'Europe. Véritable clé de voute de la valorisation de la collection patrimoniale de la cité, le centre d'art plastiques Fernand Léger perpétue ce mouvement de conservation et de valorisation en instituant des campagnes de reconnaissance de ce corpus unique et inédit via des réseaux nationaux et internationaux ou le soutien au festival de street art Les Nouveaux Ateliers créant sur les murs des immeubles des images basées sur l'identité de la commune.